Génèse
de nos gabares

À l’entame de ce second quart de siècle, nous construisons un type de bateau dont le dernier fut désarmé en 1920.

En 1984 , dans le Chasse-Marée no 14, Denis Michel Boël écrivait à propos des gabares de Rance ; « l’absence de plan ou de gabarit et la disparition totale des dernières épaves de l’estuaire restreint la connaissance de ces bateaux à la seule observation des documents iconographiques eux même assez rares. »

Génèse
de nos gabares

À l’entame de ce second quart de siècle, nous construisons un type de bateau dont le dernier fut désarmé en 1920.

En 1984 , dans le Chasse-Marée no 14, Denis Michel Boël écrivait à propos des gabares de Rance ; « l’absence de plan ou de gabarit et la disparition totale des dernières épaves de l’estuaire restreint la connaissance de ces bateaux à la seule observation des documents iconographiques eux même assez rares. »

Petit lexique de termes de construction maritime :

Nous avons réuni les sources documentaires existantes dont la huitaine de photos de gabares de Rance, deux ou trois autres où l’on distingue ces gabares .

Ainsi que, « Les Bateaux des côtes de la Bretagne Nord aux Derniers Jours de la Voile » par Jean Le Bot,  « Les Gabariers de Rance »  par Denis Michel Boël, le Chasse-Marée 14  de 1984,  « Gabare de Pleudihen sur Rance «  Jean-François » plan de modélisme le Chasse-Marée par Claude Maho.

Muni de ces quelques documents, nous avons sollicité François Vivier, architecte naval de renom, engagé au sein de l’équipe AR VAG, dans l’étude et la renaissance du patrimoine maritime.

François a accepté de collaborer à notre projet.

Nous lui avons confié pour mission de dresser, l’ensemble des plans de construction ainsi que les adaptations et l’accompagnement nécessaire pour une homologation Marine Marchande de nos gabares, pour le transport de fret et de passagers, conformément aux usages et fonctions dans lesquelles nous souhaitons  les faire travailler.

Bref, au Ministère des complications cela s’appelle un OVNI (Objet Voguant Non Inventorié)

Imaginez, un bateau du début du XXeme siècle, en bois, non-ponté, de construction dite classique, homologué fret et passagers !

Ben ça n’existe pas tout simplement !

Nous œuvrons pour que cela existe.

François Vivier à commencer par modéliser le plan du Jean-François, ce qui à permis un premier plan de forme au format des outils informatiques propres à l’architecture navale aujourd’hui. Ces outils ont produits une première série de données chiffrées, déplacement, surface mouillée, coefficient prismatique…..autorisant une première analyse critique.

Ce premier plan de forme nous a aussi confirmé que le dessin en perspective de 3/4 arrière, du Jean-François, ne correspond pas au plan du Jean-François, mais est une reconstitution peut-être de la main d’Henry Kerisit, parue dans le Chasse-Marée 14.

La comparaison de ce premier plan de forme avec les photos dont nous disposions mettait en évidence de grosses différences- tant pour les proportions que dans les formes. Les constats documentés de François Vivier ainsi que ses commentaires et  propositions, allaient dans le sens de nos propres constatations; sur les photos en notre possession, aucune des gabares ne ressemblait ou n’avait la silhouette du Jean-François, ou du moins pas de manière évidente.

Les photos présentent un « type » assez homogène, sans doute ont-elles été prise sur une période assez courte, témoignant vraisemblablement de la dernière génération de gabares au début du XXeme  siècle.

François Vivier nous invitait à réduire la largeur, il fut décidé de ramener la plan de forme no1 (Jean-François) aux proportions de la belle gabare en photo dans « la souille à Devaux » Chasse-Marée 14 page 17, de travailler les formes arrières et tendre vers celles de cette photo.

Cette photo est très précieuse :

– l’homme debout à l’arrière donne l’échelle
– on distingue une partie des dispositions intérieures
– on y voit assez bien les façons arrières, comment elles amènent de l’eau au gouvernail.
– les proportions du gouvernail ainsi que sa forme
– la forme du tableau arrière,le bordé d’échouage, la force de l’épaule

Aucune photo ne révélant les formes avant des œuvres vives, François Vivier à utilisé celles du Jean-François, qu’il à retravaillé.

Les œuvres mortes avant sont inspirées de la gabare en photo, à quai cale de Dinan à Saint-Malo.

Et enfin une dernière photo trouvée sur internet (coldb2023). Cette photo nous montre une gabare de Rance, désarmée, échouée vraisemblablement sur l’herbu des Bas-Champs. Les dispositions intérieures y sont assez visibles, ce qui frappe sur cette photo, c’est la force des échantillonnages, elle révèle également, cela est exceptionnel, les dispositions structurelles, bancs, violons et fortes courbes liants les bancs aux flancs, très analogues à celles que l’on trouve outre Manche, à bord des hooker  de Galway. Le cousinage est assez logique, ces bateaux de charge (entre autres) devaient pouvoir échouer à pleine charge sans dommage, leur vie durant comme nos gabares.

Pour nous c’est une découverte, aucune illustration « moderne « n’y fait mention, aujourd’hui c’est à notre connaissance, la seule photo révélant cela.

Il est impossible à l’observation des autres photos de certifier que ces dispositions en sont absentes.

La synthèse de ces constats, analyses et réflexions à permis à l’architecte d’établir un second plan de forme, convaincant , restituant bien ce que les photos nous montrent.

Cliquez pour voir / télécharger les plans en haute définition

Dans le but de rendre compréhensible ce plan à toute l’équipe du Glaz Project, notre amie Clémentine en a réalisé la demi-coque au 20ème.

Ce travail très « parlant » passant de mains en mains permet à chacun de mieux se projeter dans ce que nous réalisons.

A ce stade nous validons le second plan de forme.

L’analyse des valeurs numériques qu’il produit, nous confirme l’amélioration des performance à venir du bateau, un coefficient prismatique plus favorable, un déplacement en baisse, et une surface mouillée moindre en font une véritable bête de course, une sérieuse option pour un podium aux prochains championnats du monde de gabares de Rance.

Avant de poursuivre, il faut rappeler que ces bateaux d’hier vont travailler dans les contextes d’aujourd’hui et de demain, nous allons leur faire transporter du fret et des personnes en conformité avec la réglementation de la marine marchande.

A ce stade, avec François Vivier nous avons rencontré les responsables du Centre de Sécurité des Navires de Saint-Malo afin de leur présenter le projet, de montrer le sérieux de notre entreprise, notre envie de bien faire, de solliciter leurs avis, leurs conseils et de faire avancer le projet.

Photos par Stephane Maillaird

Nous craignions un peu d’être pris pour des beatniks.

Ce ne fut pas le cas, les échanges fructueux qui existent depuis cette réunion permettent d’avancer, au prix de quelques adaptations, qui à notre sens ne dénaturent pas les gabares et en font les outils adaptés aux activités que le Glaz Project s’est engagé à mener.

François Vivier reprend donc l’étude de notre projet à partir du plan de forme no 2.

– Il dresse le plan de charpente, dimensionnant les échantillonnages selon la méthode Dervin qu’il pratique depuis longtemps pour sa simplicité et la pertinence des résultats obtenus.

– Nos bateaux étant des bateaux de travail, la membrure sera double, la force des échantillonnages, en plus de la solidité, donnera beaucoup de caractère.

– L’implantation assez avancée du moteur de 50cv, en raison des formes arrières, oblige à réduire la longueur de la cale (à marchandises) et à allonger le pont du compartiment moteur, qui remplace le petit plancher de la « chambre ».

– Le grand banc de la cale, pour des raisons de sécurité dans le déplacement des personnes, est reculé jusqu’à l’extrémité de la cale, à l’aplomb de la cloison du compartiment moteur.

– La cale occupe le centre du bateau, entre le banc d’étambrai et le banc de cale .

Cette dernière vaigrée, recevra un plancher amovible sur lequel seront arrimés des bancs coffre, les passagers pourront y prendre place, ils pourront également s’asseoir sur les bancs latéraux de la chambre. L’insubmersibilité étant exigée, les volumes de flottabilité seront répartis sous le banc de barre et sous le pontage avant. La ceinture, violons, bancs, serres, courbes sera comme révélé sur la photo (col db 2023).

Lancement printemps 2027 !