Histoire
de la gabare

À partir du 16ème siècle les gabares de la Rance ont joué un rôle clef pour alimenter Dinard et Saint Malo, cité quasi insulaire, en fagots destinés aux boulangeries (fabrication du pain, puis des biscuits de mer pour les navires partant pour Terre Neuve) et ainsi qu’en bois de chauffage pour les cheminées des malouins. Les gabariers étaient à la fois des marins et des exploitants forestiers.

Histoire
de la gabare

À partir du 16ème siècle les gabares de la Rance ont joué un rôle clef pour alimenter Dinard et Saint Malo, cité quasi insulaire, en fagots destinés aux boulangeries (fabrication du pain, puis des biscuits de mer pour les navires partant pour Terre Neuve) et ainsi qu’en bois de chauffage pour les cheminées des malouins. Les gabariers étaient à la fois des marins et des exploitants forestiers.

Véritables bateaux de charge, les gabares de la Rance ont élargi leur activité au transport de pommes à cidre, de sable, de toiles et de pierres de taille.

Les gabares de Rance étaient de forts canots d’environ 10m de long et de 4 m de large. Une grand voile au tiers (80 à 100 m2 de toile) et un foc se hissaient sur un mât unique. Deux grands avirons ainsi que quelques perches formaient la drome.La cale d’environ 28m3 permettait un chargement considérable. Menés par deux marins, ces bateaux étaient lourds à manœuvrer et devaient profiter des courants de flot et jusant.

Considérés par l’administration comme des marins de rivière, les gabariers jouissaient de l’estime de la population de l’estuaire ; ils étaient considérés comme de très bons marins, audacieux et courageux, n’hésitant pas à braver le mauvais temps pour ravitailler la Cité corsaire.

Deux lieux emblématiques ont marqué l’histoire des gabares. Tout d’abord Le Minihic (l’anse de La Landriais), où beaucoup de bateaux furent construits, et également Pleudihen (Mordreuc et surtout le Havre du Bas Champ) où ces bateaux étaient au mouillage dans leur souille ; c’est là également qu’était entreposé le bois à charger et où vivaient bon nombre de gabariers.

Au début du 18ème siècle, une quarantaine de gabares naviguaient quotidiennement dans l’estuaire. Six familles se partageaient le territoire de Pleudihen (Rouxel , Flaud, Hervé, Noury, Desvaux, Bressart ) et formaient une communauté soudée au sein de laquelle les mariages étaient fréquents. Exigeant, dangereux mais prospère, le métier de gabarier se transmettait de pères en fils.

Les gabariers se reconnaissaient à leur costume typique : un chapeau, une vareuse en grosse toile et surtout une culotte blanche (les « braies ») sur leur pantalon.

L’activité des gabares de la Rance a fortement décliné dès le début du 20 ème siècle, concurrencée par de nouveaux moyens de transport (tramways d’Ille et Vilaine, train puis automobile) et également par le charbon d’Angleterre ou du Nord de la France. Le dernier bateau a désarmé en 1920.  Le squelette de la dernière gabare, reposant dans sa souille à Pleudihen, a disparu au début des années 1960 au cours de la construction du barrage de la Rance.

Pour en savoir plus :

– Denis-Michel Boel « Les gabariers de Rance : une communauté de marins négociants », 2 décembre 1984, Le Chasse marée numéro 14.
« Les Gabariers de la Rance », site de la mairie de Pleudihen
– Légende « Origine de la culotte blanche des gabariers de Pleudihen », site de la mairie de Pleudihen
– Théodore Botrel « Les gabariers de la Rance » , 1901
– Jean le Bot, « Bateaux des côtes de la Bretagne nord », éditions des 4 seigneurs, 1976
– Jean François Hourrière « La cale sèche de La Landriais au Minihic sur Rance », Association des amis de la baie de La Landrais.